Le Plaisancier, qu’en disent les études scientifiques ?

dimanche 18 janvier 2015

Ce terme est attaché à notre passion, femmes ou hommes, nous avons pourtant un métier, une vie de famille, une vie sociale différente les uns des autres. C’est comme si le monde avait créé une catégorie spécifique pour regrouper les joueur de golf ou de pétanque. Nous seul, les plaisanciers, faisons l’objet d’autant d’études spécifiques, que ce soit pour nous vendre quelque chose ou savoir quelles nouvelles taxes pourront venir nous accabler sans diminuer le stock disponible de « plaisancier ».

La définition que nous nous attribuons volontiers et que l’on aimerait être notre image référente, est basée sur la liberté, la solidarité, le courage etc… En un mot des marins par passion et non par métier.

Les poètes parlent de nous comme des gentlemans marins riches et un peu hautains. Les économistes nous considèrent comme un « marché de niche ».Quand est-il vraiment et que disent ces études.

De façon simple, notre famille est bizarrement résumée dans la définition de « lODIT », « La définition retenue du plaisancier est la suivante : personne pratiquant, de façon occasionnelle, régulière ou fréquente, des sorties en mer (de quelques heures, d'une journée ou de plusieurs jours), sur un bateau de plus de 5 mètres et de moins de 24 mètres, à voile ou à moteur, hors sorties pour motifs professionnels. » La FIN en accord avec les études INSEE établit, pour la France, cette population à environ 4 000 000 d’individus. Ce chiffre est à la fois important et marginal ce qui nous fait prendre place, pour toutes les professions qui vivent de notre passion, dans la catégorie des « marchés de niches ».

En lisant ces multiples études qui parlent de nous, il en ressort des idées et des faits parfois flatteurs, parfois étonnants et une évolution amusante, surtout dans la position de celui qui, de l’extérieur, « se regarde passer ».

 

En fait, le plaisancier, par son appartenance à une niche n’est pas pour autant un personnage « clonique » (issu du clonage) mais plutôt clanique. Il y a une certaine fierté à faire partie de ce clan mais les modes n’ont que très peu d’effet sur son comportement et ce n’est pas par le « look » qu’il le défini comme appartenant au « clan ».

Les évolutions, à l’inverse du marché consumériste d’aujourd’hui, se font lentement, l’expérience des anciens est un bien précieux et il faut une approche longue et parfois difficile, pour introduire de nouvelles habitudes (le catamaran a.eu besoin de plus de trente ans pour devenir un bateau crédible)

Dans notre étude de l’annexe rigide nous avons constaté une histoire de plus de trente ans de cette classe de dinghies et après la vague du pneumatique, lancée par l’aventure extraordinaire d’Alain Bombard et sa traversée de l’Atlantique, elle commence à peine à pointer son nez, dans le sillage du multicoque et grâce à l’évolution des intermédiaires qu’a représenté l’annexe semi rigide, pour les bateaux hauturiers modernes.

Pour détailler et donner une version plus statistique de cette niche, le même organisme qui nous a proposé la définition, IODIT, a développé une étude plus poussée du plaisancier dans une enquête qui malheureusement date un puisqu’elle a été publié en 2008 et que la crise a certainement un peu déformée les données de l’enquête et certainement biaisé la conclusion, c’est tout de même largement utilisable encore aujourd’hui si on y applique les données conjoncturelles.

Les résultats de l’enquête montrent que le profil du plaisancier est davantage « masculin (63%) que féminin (37%), qu’il vit principalement en couple (46%) et/ou au sein d’un foyer sans enfants (72%). Il est plus âgé que la moyenne française (54 ans, en moyenne avec 29% de plus de 70 ans) et également plus aisé que la moyenne française avec une surreprésentation des catégories socio professionnelles supérieures. Près de la moitié d’entre eux habitent un département littoral. La pratique est souvent ancienne (pour la moitié de l'échantillon, elle date de 2 ans ou plus) et toujours régulière et intensive. (63% des plaisanciers naviguent plusieurs fois par an)

Ces données démographiques et sociales nous donnent une tendance mais il serait réducteur de conclure que le plaisancier type est un retraité breton aisé qui navigue depuis son enfance. L’étude a en effet permis de dégager 5 groupes avec des pratiques et par conséquent des attentes particulières :

1)          Les « seniors libérés » : âgés de 62 ans et plus, ils ont un niveau de vie élevé voire très élevé, sont en majorité propriétaires de leur bateau, un voilier, de taille importante. Ils pratiquent depuis longtemps et de manière intensive.

2)          Les « hyper dynamiques », plus jeunes que les seniors libérés, leur pratique est assez intensive mais ils ne sont pas forcément propriétaires. Ils privilégient les voiliers de taille assez élevée.

=> Ces deux groupes pratiquent la plaisance en mode passion

3)          Les « habitués » : leur pratique est aussi intensive et fréquente que les seniors libérés mais sur des modèles plus petits et souvent à moteurs. Ils sont assez âgés, avec un niveau de vie élevé et majoritairement propriétaires.

=> La plaisance est pour eux un loisir, héritage familial du fait d’une proximité géographique ou affective au littoral

4)          Les « nouveaux plaisanciers » : locataires de petites unités moteurs, ils sont jeunes avec une moyenne de 47 ans et un niveau de vie moyen.

5)          Les « expérimentaux » qui se rapprochent du profil des nouveaux plaisanciers, avec cependant un niveau de vie plus faible et une pratique moins fréquente, qui les poussera dès lors à louer des plus grosses unités dans les rares occasions où ils sortent en mer.

=> Au sein de ces deux groupes, le consumérisme remplace l’héritage familial ou social. Leur mode de consommation est de type vacancier et articulée avec le tourisme et les sports nautiques. »

Vous voilà donc parfaitement renseignez sur « qui vous êtes» et vous pourrez désormais répondre à la question existentielle majeure «Qui suis-je ?»…. sauf si vous ne vous êtes pas reconnue dans ces péremptoires affirmations. Mais trêve de moqueries, ces études nous renseignent aussi sur des choses beaucoup plus pragmatiques et statistiques. Entre autre quels bateaux sillonneront les mers dans un futur proche ?     Le prochain article vous dévoilera le présent caché et donc le futur. Votre magnifique bateau se vendra-t-il facilement d’occasion et quel bateau acheter aujourd’hui pour ne pas être pénalisé dans l’avenir ?

 

PG

 

Source illustration

http://cotentinois.free.fr/wordpress/?paged=57

http://www.nhfr.org/t164-topic-unique-voile-voiliers-en-cours

http://www.legisplaisance.fr/droit_portuaire/index.php

 



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